Les Lyskamm, ces deux géants en frontière Italo-Suisse attirent automatiquement les regards. Que vous soyez du côté Zermatois ou de la vallée du Lys, vos coups d’oeil vers les hauts sommets, seront accaparés par cette muraille qui flirt avec les 4500 mètres d’altitude et ces deux kilomètres et quelques de long. Certainement une des plus belles arêtes des Alpes en traversée. Un voyage sur le fil de la frontière !


Alex et Marion composaient la première cordée alors que Anne-Sophie et moi-même grimpions ensemble. L’histoire veut que nous ayons déjà réalisé quelques sorties ensemble. Un Pigne d’Arolla, un Grand Paradis ou encore le Weissmies font partie de leurs apprentissages alpins. Mais cette fois-ci, la barre fût, volontairement, placée plus “haute”. Tant pour l’altitude que pour la complexité de l’ascension. Défi totalement relevé par nos deux alpinistes. Et quel plaisir de constater que l’apprentissage porte ses fruits !
Traverser les Lyskamm n’est jamais une partie gagnée d’avance. Souvent, le vent froid du nord ou du nord-ouest vous cueille au Felikjoch. Pour ma part, chaque fois que j’ai réalisé cette course, je me suis posé la question si javais envie de supporter le ventilateur durant les heures à venir. Un fois de plus, il soufflait nord-ouest et la question fût abordée ! La réponse ultra rapide paru quasi inaudible masquée par nos capuches de vestes chaudes… NOUS Y ALLONS !

A ce demander si Lyskamm ne veut pas dire “vent froid” ! Le soleil et la chaleur nous retrouvent au sommet Ouest. Un réel plaisir, pas loin d’un soulagement dirons nous !
Entre les deux sommets, la section d’arête rocheuse était en excellentes conditions. De même pour la partie neigeuse de ce fil à couper le beurre. Nos deux jeunes alpinistes apprennent rapidement à se déplacer sur cette partie magnifique de l’ascension. Le vent nous quitte gentiment, les mains et les pieds se réchauffent. Au sommet Est, le plus élevé de cette muraille, nous profitons de faire une pause. Celle-ci au point de sortie de la Cresta Sella, autre itinéraire splendide de cette montagne.


L’ultime difficulté de cette marche de funambule, consiste en la descente de l’arête Est. Les filles commencent vraiment à être à l’aise crampons aux pieds. De ce fait, le retour sur le “plat” du glacier se réalisa comme si nous avions vécu une heure de slackline ensemble, dans le pur plaisir d’un partage équilibriste matinal ! Un jeu d’enfant, ou presque !


Merci Marion, Anne-Sophie et Alex pour cette traversée exceptionnelle à plus de 4000 mètres.
