Il y a bientôt un mois, nous commencions notre saison d’alpinisme avec Laurent. Trois jours de beau temps se présentaient à nous et nous voulions deux courses esthétiques, techniques sans être trop dures, en altitude mais pas trop et si possible en traversée… Ce sera l’arête Forbes et l’arête de la Table, en boucle depuis Champex : top classe !

Arrivée à la cabane Trient. Nous ne le savions pas encore mais nous effec­tue­rons ensemble la tra­ver­sée inté­grale des Aiguilles Dorées (ici en arrière plan) une semaine plus tard !

Laurent aborde ses sai­sons d’al­pi­nisme avec intel­li­gence : il veut com­men­cer tran­quille­ment afin de retrou­ver les auto­ma­tismes pour savou­rer ensuite des ascen­sions plus tech­niques. Une manière saine d’a­bor­der la haute mon­tagne à mon goût.

Après une mon­tée « express » à la cabane Trient (mon­sieur a bien gar­dé la forme depuis l’é­té pas­sé!) et une courte nuit, on se met en route. La tra­ver­sée du pla­teau du Trient se fait sur des oeufs : le regel est médiocre. Nous choi­sis­sons le Col du Tour pour pas­ser de l’autre côté : un peu plus tech­nique et « péteux » que le Col Supérieur du Tour, mais plus rapide pour accé­der au Chardonnet.

Lever de soleil dans l’ap­proche de l’a­rête Forbes, le faible regel nous fera bien « bras­ser » !
L’accès à l’a­rête Forbes, juste après « La Bosse » : les condi­tions y sont opti­males, sans glace. Les cor­dées de devant viennent du refuge Albert 1er… et seront bien rapi­de­ment dans notre rétro­vi­seur.

En ce début de saison, il reste beaucoup de neige en altitude et sur une course comme celle-ci c’est un sacré avantage : crampons aux pieds sur les bandes et vires de neige, c’est rapide !

Comme à notre habi­tude avec Laurent, on arrive au som­met plus tôt que nos pré­vi­sions. La sieste à Albert 1er sera d’au­tant plus repo­sante !

Au som­met du Chardonnet (3824m).

La des­cente du Chardonnet en a sur­pris plus d’un… Du som­met, conti­nuer l’a­rête en direc­tion du SW jus­qu’à l’an­té­cime, et bas­cu­ler à droite dans un large cou­loir. Attention de ne pas bas­cu­ler avant l’an­té­cime ! Suivre ces pentes (idéa­le­ment en neige) en tirant légè­re­ment sur la droite à la fin, afin de rejoindre le haut de la rive droite d’un cou­loir qui plonge côté Albert 1er. Le pre­mier relai est un peu caché der­rière un gros caillou main gauche en des­cen­dant. Trois rap­pel de 50m per­mettent de prendre pied au des­sus du Col Adam Reilly. De là, encore une pente de neige raide (atten­tion à la grosse rimaye) mène au gla­cier… bien cre­vas­sé !

Le len­de­main, le but est de retour­ner sur Champex… mais évi­dem­ment par une course tech­nique ! L’arête de la Table est idéale : ce n’est pas trop long, tou­jours très esthé­tique et la des­cente de l’Aiguille du Tour est une auto­route !

Dans la par­tie du bas de l’ « inté­grale » de l’a­rête de la Table, moins par­cou­rue et pour­tant très esthé­tique.

On opte pour l’ « intégrale » de l’arête de la Table : au lieu de remonter le couloir de la Table, on prend rapidement pied sur le large bastion de sa rive droite. Par une vire évidente sur la gauche, plus ou moins là où le couloir commence à être raide, on rejoint une combe entre deux arêtes.

Pour la suite, laissez-vous emme­ner par les pas­sages les plus aisés : vous mon­te­rez dans cette large combe entre ces deux arêtes qui finissent par se rejoindre vers une petite brèche. À cet endroit, par un pas­sage déli­cat ver­sant ouest (rocher pour­ri), on rejoint l’a­rête pro­pre­ment dit de la Table, là où l’i­ti­né­raire via le cou­loir arrive.

S’en suivent quelques beaux pas­sages de grimpe sur un rocher magni­fique.
Au som­met de la mythique « Table » ! C’est quand même un sacré truc ! Merci Mathilde Oeuvrard pour la pho­to !
La suite de l’a­rête en direc­tion du som­met est une « école de béquets » ! Comme dans les livres.
Mathilde et ses cama­rades de jeu, en pleine ascen­sion de la Table. Plus haut le genou !
Bientôt au som­met ! Entre l’Aiguille d’Argentière (à gauche) et l’Aiguille Verte : le Chardonnet et son arête Forbes par­cou­rue la veille (l’a­rête peu raide qui monte au som­met de gauche à droite).

Une semaine plus tard, nous par­cour­rons ensemble avec Laurent la tra­ver­sée des Aiguilles Dorées : un long voyage agréable pour notre cor­dée désor­mais réglée comme du papier à musique. Le salaire d’une pré­pa­ra­tion pas­sion­née et rai­son­née !

Un grand merci à Olivier et son équipe pour le super accueil à la cabane du Trient durant ces deux week-ends !

Bonne suite d’é­té à tous !

Yann

Merci à Floriane Pugin pour la pre­mière pho­to de l’ar­ticle !