L’éperon Nord‐Est de la Grande Glière est bien caché au fond de la vallée de Champagny‐en‐Vanoise. Je regardais cette ligne dans le topo depuis quelques années. Souvent, en sortant au sommet de la Grande Glière, venant de son arête Sud, mon regard plongeait sur le versant nord de ce Cervin de la Vanoise.

Certaines de mes connais­sances du coin me disaient régu­liè­re­ment : la Grande Glière, fais‐la un jour en tra­ver­sée, c’est vrai­ment une belle aven­ture qui reste sau­vage.

De plus, cela donne une excel­lente rai­son de pas­ser au refuge du même nom : le refuge de la Glière !

Bernard au refuge de la Glière. Un repos ani­ma­lier.…

Un coin calme, serein où mar­mottes et poules par­tagent le même espace de vie. Où il fait bon traî­ner le soir à prendre son repas sur la ter­rasse !

L’Eperon Nord‐Est de la Grande Glière est donné en AD+, je poserais bien un D‐. Certes, les passages difficiles sont bien protégés, mais certaines longueurs en 4c ressemblent passablement à des 5a…

L’Eperon Nord‐Est est à gauche, au soleil.

L’approche demande de la déter­mi­na­tion, il vous fau­dra bien 2h15 à 2h45 pour arri­ver au pied de la vire de départ. Choisir une période où il reste de la neige sur le gla­cier vous faci­li­te­ra gran­de­ment l’approche. Le topo de C2C manque un peu de ren­sei­gne­ments. Les horaires d’approche et de des­cente sont, à mon goût, légè­re­ment opti­mistes. Pour décou­vrir ce nou­vel iti­né­raire, j’ai deman­dé à Bernard de m’accompagner. Il ne dit jamais non pour aller voir si telle ou telle ascen­sion vaut la peine… Toujours moti­vé.

L’approche : du refuge de la Glière, redescendre la route jusqu’à la première série d’épingles à cheveux. Passez un dôme rocheux et herbeux et prendre le sentier sur la gauche pour atteindre la passerelle qui enjambe la rivière. Traversez pour remonter de l’autre côté par le sentier évident qui démarre à la passerelle

Le suivre jusqu’à la sor­tie de la végé­ta­tion haute. Le sen­tier part alors pra­ti­que­ment à plat et lorsque vous arri­vez sur un épe­ron, à la fin de cette par­tie plate, quit­tez le sen­tier et remon­tez à vue vers la base de la Grande Glière. Passez la moraine dans son centre (dépres­sion). Remontez le gla­cier rive gauche. Passer la par­tie raide et remon­ter la combe. Il est facile de repé­rer la vire de départ de la voie, c’est la seule sur laquelle vous aurez envie de vous rendre… ( spit et cor­de­lette rouge ).

La vire d’attaque, avec la cor­de­lette rouge.… et le bloc coin­cé en hori­zon !

L’itinéraire : la vire de départ est évidente. Suivre cette dernière, largement équipée (spits), jusqu’au bloc coincé. Contourner ce dernier et remonter directement derrière, une dalle fracturée haute de 5 mètres.

A la sor­tie de la dalle, repé­rez une che­mi­née fer­mée par un bloc. Il y a un spit dans la che­mi­née. Sortir de cette der­nière sur la droite, vous réta­blir sur une vire. Repérer dans la dalle une fis­sure avec 4 spits (4c‐5a), remon­ter cette dalle fis­su­rée. Puis par des vires de gauche à droite remon­ter sur 80 mètres. Sortir sur la droite vers une vire. Spits en place. Au des­sus de la vire, une seconde sec­tion en dalle, munie de quelques spits, vous per­met de vous appro­cher du fil de l’éperon Nord‐Est. Après cette sec­tion, si vous êtes à l’aise dans ce genre de ter­rain, vous pou­vez remon­ter en marche « corde courte » une grande par­tie de l’éperon. Néanmoins cer­tains pas­sages sont en 3a.

Bernard dans les dalles en 4c en fin de pre­mière par­tie de l’ascension.

Vous trou­ve­rez quelques spits sur le long de l’éperon lui même. Restez tou­jours sur ce der­nier, le rocher y est excellent. L’éperon nord‐est rejoint l’éperon nord dans une zone très frac­tu­rée. Un spit vous montre que vous êtes tou­jours sur le bon iti­né­raire…. En deux magni­fiques lon­gueurs, vous pour­rez sur­mon­ter le res­saut raide qui se dresse devant vous. Ces deux lon­gueurs de 4c/5a avec un pas en dalle dans la seconde lon­gueur sont très bien pro­té­gées. La suite se déroule au plus proche de l’éperon, dans des zones de moins bon rocher, mais res­tez sur le fil…. La sor­tie est par­fois en neige, mais cette année elle est qua­si­ment inexis­tante… et c’est un rocher atti­ré par l’apesanteur qui nous atten­dait. Mais le ter­rain n’est pas raide. Sortie au som­met, par une vire en face sud‐ouest.

La descente se réalise par l’arête sud. Elle est truffée de cairns et comporte deux passages de 10 mètres où, si vous le sentez, vous pouvez faire des rappels. Voir le topo de C2C ( liens ).

C’est une course qui pré­sente vrai­ment l’aspect sau­vage que nous retrou­vons sou­vent en Vanoise.

N’oubliez pas que vous par­tez de Champagny‐la‐Vanoise et arri­vez à Pralognan … Pensez navette, taxi ou toute autre solu­tion de trans­port moto­ri­sé. La tra­ver­sée nord – sud de la Glière prend bien 11 à 13 heures, alors anti­ci­pez le fait d’avoir votre véhi­cule au bon endroit … soit à l’arrivée à Pralognan !

Dans la sec­tion cen­trale de l’éperon.