Danse avec le pilier, une ligne ouverte en 1991 n’a pris aucune ride malgré le nombre de prétendant à valser ou entamer un rock endiablé avec ses lignes de fuite. Une voie incroyablement belle dans sa phase finale.

Les propres mots d’Alain, mon client : » Incroyable d’avoir un gra­nite aus­si ludique et struc­tu­ré… » La même phrase sera répé­tée dans la ligne du len­de­main, « L’éthique de la joie » en face Est de l’Aiguille de la Dibona.

Tous les atouts sont réunis pour pas­ser quelques jours magiques au refuge du Soreiller. Simplement le lieu, unique ! L’équipe des gar­diens, Marielle et Quentin, à la barre du navire, ne lâchent jamais le cap de l’excellence…. ( L’Espérance étant déjà loin der­rière et plus au sud ! ) Toutes les per­sonnes qui passent au refuge, y com­pris les « cam­peurs » sont reçu avec une réelle écoute. A cela, ajou­tez la proxi­mi­té des voies et la qua­li­té indé­niable des iti­né­raires. Impossible de rater une jour­née si la météo est avec vous !

Alain entame la tra­ver­sée dans la zone raide du pilier.

Danse avec le pilier se trouve à 40 minutes du refuge, pas de levé trop matinal. La voie est partiellement équipée. Si le niveau 6a obligatoire ne vous entame pas les neurones, pas besoin de matériel supplémentaire. Seul un jeux de 16 dégaines et des cordes doubles vous seront obligatoire.

Danse avec le pilier peut avoir un névé à son pied. Une danse avec le pier­rier pour­rait être un der­nier tan­go si vous par­tez en glis­sade à l’approche. Un pio­let est de mise pour tailler des marches.

Danser dans cette ligne, c’est une mon­tée en puis­sance dans la beau­té cho­ré­gra­phique des mou­ve­ments. Plus les lon­gueurs déroulent, plus la rai­deur ce fait sen­tir et le rocher s’approche de la per­fec­tion !

Avant la tra­ver­sée, il faut remon­ter les pre­miers bas­tions du pilier.…

Danse avec le pilier c’est une invi­ta­tion au bal annuel des plus belles lon­gueurs gra­ni­tiques dans cette dif­fi­cul­té. Les der­niers pas du dan­seur dans l’ultime lon­gueur com­pli­quée, res­te­ront gra­vés comme l’un des plus beaux rock’n’­roll par­ta­gé. Un sou­ve­nir impé­ris­sable.

Danse avec le pilier c’est :

Une voie ED- pour 350 mètres. 89 lon­gueurs pour un 6a obli­ga­toire et la dif­fi­cul­té maxi­male de 6c.
16 dégaines ( relais y com­pris ) 2 longues sangles ( tirage ) corde de 60 mètres.
La voie des­cend en rap­pel, MAIS gare à ne pas coin­cer dans la sec­tion raide. Topo C2C

L1 / 5c : Repérer une sorte d’écaille d’aspect décol­lée qui mesure bien 15 mètres, au centre d’une zone noir et raide dans la ligne du pilier. Un spit de 10 avec deux cor­de­lettes ( août 2020 ) marque le départ. Remonter le dièdre issu de la gauche de l’écaille. Puis un court pas­sage en dalle ou vous ne ver­rai pas de suite le pro­chain point ! Il se trouve sur la gauche. Relai avec deux points, maillon rapide cor­de­lette.

L2 / 5c : Démarrez sur la droite du relai. Passer le mur raide ( spits ) Puis remon­ter la vire. Attention aux cailloux qui pour­raient val­ser. Relai sur une ter­rasse. Droit en des­sus ! Relai sur deux points, maillon et cor­de­lettes

L3 / 4c : Montez droit en des­sus du relai. Il y à un piton au départ et un spit plus haut, qui donnent l’axe de l’escalade. Relai sur deux points, maillon et cor­de­lettes.

L4 / 6a+ : Majestueux dièdre raide ! Il vous emmè­ne­ra légè­re­ment sur la droite. L’escalade est tech­nique et le début de la danse com­mence. Entrez en piste, c’est le moment de faire chauf­fer les bal­le­rines et autre chaus­sons d’escalade. Relai sur deux points, cor­de­lettes et maillon.

L5 / 6b : Un départ légèrement sur la gauche, un ressaut qui ouvre un peu les bras. Certaines personnes disent que c’est LE pas dur, du genre, apprendre la Salsa en deux minutes… Car il faut pas traîner dans la raideur du passage. Une fois l’enchaînement gestuel terminé, remontez la rampe à gauche. Un piton peu visible dans la terre et un spit au coin de la rampe en haut ! Second passage raide pour arriver au relai. Relai magique, ambiance granite de Patagonie. « Relai sur 2 points relié d’une corde. ( évitez d’y revenir lors des rappels !)

L6 / 6b/c : Vous haïs­sez les slows ET les tra­ver­sées ! Vous devrez revoir votre par­ti­tion ou ren­trez. Une tra­ver­sée très bien équi­pée, mais dur pour rejoindre une fis­sure large et dure, qui remonte vers un fil de pilier…. aus­si dur à négo­cier. Une lon­gueur magni­fique en tous points de vue. Très bien équi­pée. Relai peu confor­table, sur deux points et des cor­de­lettes…

Alain sort gen­ti­ment du 6c en L7. Un rocher unique !

L7 / 6b/c : Le graal ! Non ce n’est pas une danse, c’est carrément un but en soit ! Cette longueur est certainement parmi les plus belles que je connaisse. Je remonterais bien ce pilier, juste pour ces 50 mètres incroyables. Du premier au dernier pas, la danse est homogène, sensuelle, puissante et unique.

L8 / 4c : La sor­tie vers le som­met du pilier qui com­mence à subir une trans­for­ma­tion en une arête. C’est le moment de des­cendre. Ne pas coin­cer les pre­miers rap­pels. Filer vers le refuge, ses ome­lettes, ses pâtes et autres cookies ou tira­mi­su. Faire une sieste et ouvrir le topo pour demain… Imaginer l’Ethique de la Joie !

Mieux que n’importe quelle sur­boum….

La sor­tie du pilier. Les dif­fi­cul­tés sont der­rières.