Avec Fred, Alex, Antoine, Philippe, Karim et Vincent on est par­ti début avril pour un voyage d’héliski à l’autre bout du monde, au Kamchatka. Eux, c’est des potes de longue date qui vou­laient faire un voyage de ski hors du com­mun. Moi, j’ai eu la chance qu’ils me pro­posent de leur orga­ni­ser cette aven­ture… Nous, ben on s’est bien écla­té ! Petit récit d’un séjour orga­ni­sé conjoin­te­ment avec Heliski Russia.

On vou­lait faire du grand ski, mais éga­le­ment voya­ger, sor­tir de nos réfé­rences alpines, skier ce qu’on ne peut pas skier dans les Alpes ou dans les Rocheuses… Le Kamchatka répond à tous ces cri­tères alors on se décide sans trop ter­gi­ver­ser. On quitte Genève en tré­pi­gnant d’impatience de décou­vrir tout ça. On ne sera pas déçu !

Le Kamchatka est une pénin­sule vol­ca­nique dans l’extrême-orient russe. Sa côte Est donne sur l’Océan Pacifique. En gros, c’est là !

Après deux jours de voyage, une visite de la Place Rouge à Moscou et un sou­per au café Pouchkine, on atter­rit à Petropavlovsk, grande ville de pêcheurs et de mili­taires. On s’installe dans un hôtel per­du dans la forêt, à une heure de route de « Petro ». Chambres indi­vi­duelles, sau­na, pis­cine d’eau de source chaude et le Pacifique au quo­ti­dien dans votre assiette : de quoi être en forme pour nos futures jour­nées de ski.

Le pre­mier jour met notre patience à rude épreuve. Il neige et on ne voit pas à dix mètres : on ne vole­ra pas aujourd’hui. Mais cette jour­née sau­ve­ra les cinq sui­vantes car il neige entre trente et qua­rante cen­ti­mètres de poudre sans vent… Et le mar­di : spec­tacle !

Fin d’un des nom­breux runs de ce pre­mier jour.

Les jour­nées sui­vantes, se suivent, se res­semblent, mais nous y vivons un tel rêve que la rou­tine reste sage­ment bien loin dans nos pen­sées. Chaque matin, l’hélicoptère se pose devant l’hôtel, on y embarque des caisses de nour­ri­ture pour le midi, quinze paires de ski et quinze skieurs. S’en suit un vol d’une tren­taine de minutes pour nous rendre dans le mas­sif du jour. A notre por­tée : un ter­rain mon­ta­gneux plus grand que les Alpes suisses…

Une fois dans la zone que nous avons choi­si : ban­zaï ! L’hélicoptère est a nous toute la jour­née et nous choi­sis­sons les « runs » de visu, en fonc­tion des condi­tions. En-bas de chaque des­cente, l’hélicoptère nous attend et on repart pour la sui­vante. Chacun des dix à quinze runs quo­ti­diens est excep­tion­nel… C’est un peu à chaque fois la des­cente de ta sai­son : pre­mières traces, pou­dreuse légère et pay­sage déli­rant devant les yeux. En cinq jours de ski, on fera 35’000 mètres de des­cente hors du com­mun. Et on aura skié cinq vol­cans dif­fé­rents !

Le MI8-MTV est un héli­co­ptère russe pou­vant trans­por­ter jusqu’à 22 per­sonnes. La car­ros­se­rie a quelques décen­nies mais les deux tur­bines et toutes les pièces méca­niques sont flam­bant neuves. Une machine extra­or­di­naire, sur­puis­sante et très maniable. Notre pilote compte 22’000 heures de vol en mon­tagne… autant dire qu’il gère quand il s’agit de poser les quinze tonnes de la machine sur une fine arête de neige !

Dans le cra­tère du Mutnovsky. La cha­leur de son acti­vi­té empêche la neige de res­ter sur le sol… Pincez-vous le nez, ça sent fort l’oeuf pour­ri !

… et l’après-midi même, on skie au-dessus du Pacifique !

On skie sur des vol­cans, face au Pacifique, à tra­vers les forêts de bou­leaux épars, dans des cou­loirs larges, raides et si esthé­tiques, on pique-nique au bord de mer devant les ota­ries et on ter­mine la jour­née dans la pis­cine de l’hôtel,… Un séjour au Kamchatka c’est encore plus excep­tion­nel que je ne le pen­sais.

Les autres skieurs avec qui nous par­ta­gions l’hélicoptère étaient tous aus­si de très bons skieurs et l’ambiance entre nous était excel­lente ! Spéciale dédi­cace à Lisa, jeune Russe de 16 ans, qui balan­cait des lignes droites assez phé­no­mé­nales dans les cou­loirs !

Un grand mer­ci à toute l’équipe de m’avoir per­mis de vivre une expé­rience pro­fes­sion­nelle si excep­tion­nelle !

Une pen­sée spé­ciale pour Steve qui n’a fina­le­ment pas pu se joindre à nous et à Fred qui s’est bles­sé la jambe au milieu de séjour.

J’y retour­ne­rai, c’est cer­tain ! Si l’aventure vous tente, je vous donne volon­tiers plus de détails sur ce séjour. N’hésitez pas à m’écrire un petit mot.

Merci à Marco, Nikolay et Ralph (qui va nous man­quer…) d’Heliski Russia pour la qua­li­té de leurs ser­vices !

Yann Nussbaumer