L’Aconcagua représente, pour un grande partie des andinistes-alpinistes, un passage obligatoire sur le chemin des sommets principaux des 7 continents. Il peut aussi être un simple test à la très haute altitude pour qui veut.

Souvent, vous met­tez les pieds dans ce dédale miné­ral durant trois semaines, le temps « auto­ri­sé » lors de l’achat du per­mis d’ascension.

Philippe et Xavier, il y à quelques années… Au camp de base de l’Aconcagua.

Pourquoi cet article ? Hier je suis tom­bé sur de vielles pho­tos de l’expédition de 2004. Elles concernent, entre autre, Philippe et moi. 2004 fût mon 15 éme voyage de 3 semaines au pied du géant andin.

Philippe, Bubu et Xavier le 10 décembre 2004, au som­met de la sen­ti­nelle de pierre.

Mon premier Aconcagua remonte à 1990, nous avions 20 ans, deux tentes, une grosse motivation, du temps et des projets.

A l’époque, la face sud fût envi­sa­gée et réus­sie par Thierry. Nous étions une cor­dée binômes dans les Alpes. La « sud » m’était appa­rue bien trop haute avec ses 2800 mètres. Thierry et sa cor­dée avait mis 3 jours pour sor­tir la face. Dès mon retour j’ai tout mis en place pour retour­ner dans ce mas­sif miné­ral.

L’Aconcagua et sa puissance à conditionné ma vie de guide et privée. Il me suffit de fermer les yeux durant la période de noël et je me retrouve dans le désert ocre de ses camps de bases.

J’ai pas­sé 16 « años nue­vos « sur cette mon­tagne, ils ne s’oublient pas….
En 1992, jeune guide frais mou­lu, je me retrouve avec deux clients. Ce sera mon pre­mier som­met andin comme guide. Nous étions les trois au som­met. Cette réus­site à confir­mé que la haute alti­tude me moti­vait. Que j’étais capable d’encadrer des clients dans le monde de l’oxygène rare.

L’Aconcagua fût encore le but d’une expédition en 1995. Créée pour des adolescents de Genève et de Lausanne. Nous étions 4 guides à encadrer 20 ados.

La plus grosse bataille de boule de neige jamais vécue dans ce camp. Au bas mot, plus de 200 per­sonnes ont pris part à cette gigan­tesque « Guerra de Nieve » Souvenir impa­rable… comme cer­taine boule de neige d’ailleurs !

Le camp de base après une nuit froide !

1997 : Le cen­te­naire de sa pre­mière ascen­sion. Le célèbre Matthias Zubriggen, guide explo­ra­teur Suisse du 19ème siècle. Il réus­si l’ascension de ce monstre andin en 1897. Du monde pour fêter le cen­te­naire, il y en avait. Cette année, j’ai enchaî­né deux som­mets avec deux groupes. Sept semaines en Argentine, un vrai luxe ! Je ne m’en ren­dais pas vrai­ment compte.

Chaque année, je par­tais vers Noël, pour retrou­ver l’été aus­tral, les places de Mendoza, sa rue pié­tonne et sa fré­quen­ta­tion qui à ten­dance à bru­ler les rétines 🙂

L’Aconcagua ne pouvait déroger à la règle : La fréquentation augmentant, les prix suivent de près la même courbe ainsi que les personnes n’ayant aucune idée de ce qu’est la très haute altitude.

Après le cen­te­naire, la fré­quen­ta­tion du monstre à dou­blé, voir tri­plé. Je suis conscient d’en être un acteur.

Pour évi­ter le bug infor­ma­tique annon­cé au 1 jan­vier 2000, avec une belle équipe, nous avons déci­dés de pas­ser ce cap à 6962 mètres.
Au pas­sage, savez-vous que l’Aconcagua était annon­cé à 7013 mètres avant les années 90 ?

Camp de base de Plaza Argentina.

Loin du bug dans les pre­mier jours de jan­vier, je me retrouve avec Jack qui fête ses 60 ans, au pied de la sen­ti­nelle :
(Jack) – « … Xavier, je ne veux plus pas­ser une nuit à 5400 mètres, comme l’in­su­por­table nuit ven­tée de hier….
(Xavier) – « Euhhh…, mais pour le jour du som­met, tu veux par­tir du camp de base ? C’est 2800 mètres d’ascension entre 4200 mètres et qua­si 7000, c’est énorme !!! « 
(Jack) – « OUI ! « 

Ainsi Jack fête­ra ses 60 ans de manière impres­sion­nante.

Trois jours plus tard. Jack prenait appuis sur la croix sommitale ! Avec nous, entre autre il y avait Alexi et Jean Guillaume, deux clients que j’emmènerai au sommet du Cho Oyu ( 8201 mètres ) en 2006.

L’Aconcagua au chan­ge­ment de siècle, c’est aus­si la ren­contre avec une jeune argen­tine, elle se nomme Silvana… Mais c’est une autre his­toire bien trop longue à conter !

L’Aconcagua de 2004 , certainement la plus incroyable des expéditions sur la sentinelle de pierre. Avec Philou, Marco, Pierrot et Bubu nous y passons 1 mois complet à l’ouverture de la saison. Le sommet sera réalisé le 10 décembre en partant tous du camp 1 du versant des Polonais.

Une très longue jour­née. Froide et ven­tée. Philou et Bubu ren­tre­rons à Los Penitentes à dos de mules. Les pieds abî­més par le froid et le vent lors de nôtre ascen­sion. Souvent après le som­met, les andi­nistes quittent le camp de base rapi­de­ment. En 2004, nous y sommes res­tés le plus long­temps pos­sible. L’ambiance était sim­ple­ment magique. Alors que Philou et les autres ren­traient en Suisse, j’enchaînais avec 3 semaine au sud du Chili. Un autre voyage incroyable.

L’immense tra­ver­sée de la voie nor­male. Il fait tou­jours froid et le som­met est encore à 400 mètres de déni­ve­lés.

Aconcagua 2008. Différent dans la ligne d’ascension. Nous étions deux guides avec deux clients. Ludovic, un guide français que j’avais rencontré au Cho Oyu, et ses clients, partagent avec nous l’ascension de la « directe des Polonais ».

J’ai enfin eu la chance de par­cou­rir ce ver­sant. C’était seule­ment mon 5 ème essai sur cet iti­né­raire !
Le gla­cier est trop sou­vent sec ou pré­sente des péni­tents de 2 mètres de haut.

Les voyages en terre aus­trales ce suivent et aucun n’aura le même goût qu’un autre. Chaque ten­ta­tive vaut sont pesant de d’or inca. Dans les années sui­vantes, j’ai moins fré­quen­té le géant andin, au pro­fit d’autres régions argen­tines. D’autres acti­vi­tés, comme le ski ou l’esca­lade spor­tives.

Juste au des­sus d’Independencia, vers 6400 mètres.

J’ai vraiment envie de ressentir, à nouveau, l’ambiance minérale et ventée du géant. Du coup je retourne me frotter au 6962 mètres andins, durant janvier 2021. L’équipe, déjà composée est ouverte à d’autres participants.

Tenter une visite à la sen­ti­nelle de pierre, une fois dans sa vie d’alpiniste, mérite d’être vécu. Je peux lar­ge­ment en par­lé après 12 pas­sages à son som­met.
N’hésitez pas à vous joindre à l’équipe.

Le ver­sant de la voie nor­male, vue d’a­vion.