Triftjigrat, une magnifique classique en versant nord du Breithorn Ouest.

Un iti­né­raire ouvert en 1869 par Robert Fowler, Peter Knubel et Gregor Ruppen. Le 15 sep­tembre exac­te­ment… sep­tembre ?! C’est facile de com­prendre qu’en ces années, les condi­tions cli­ma­tiques étaient réel­le­ment autres ! Néanmoins, la Triftjigrat est une course à réa­li­ser de toute urgence…

Breithorn TriftigratL’itinéraire vu depuis la Gandegghütte. Des condi­tions exem­plaires pour une entrée dans l’é­té ( pho­to prise le 27 juin 2018 )

Nous sommes fin juin 2018… Les condi­tions sont excel­lentes sur la tota­li­té de l’i­ti­né­raire, cepen­dant elles ne le res­te­ront pas long­temps !

De Gandegghütte, où nous avons passé une excellente soirée, nous sommes partis à 3h45 ce matin.

Il faut prendre un che­min qui part der­rière les toi­lettes… Cette sente des­cend en direc­tion du Unterer Theodulgletscher (2860 m). Le tra­ver­ser en pas­sant à gauche des Kamelbuckeln (2982 m). Une seconde des­cente, moins impres­sion­nante, rive gauche, vous per­met de rejoindre le Triftjigletscher. Le tra­ver­ser en évi­tant la zone cre­vas­sée, puis rejoindre les pentes d’ac­cès du Triftjisatel.

C’est une courte expli­ca­tion pour un accès qui nous parais­sait réa­li­sable en 1h00 ! Pourtant nous avons mis 1h30 ! C’est un peu plus long que nous l’i­ma­gi­nions depuis le refuge.

Breithorn Triftigrat ambianceUne vue sur les séracs. Photos prise depuis la rimaye.

La suite de la balade est logique. Pentes d’ac­cès, puis arête décou­pée dans l’am­biance rosée des pre­miers rayons de soleil. Tous les 4000 du coin prennent ces cou­leurs roses puis jaunes, au moment où nous sor­tons sur l’a­rête sous le pre­mier res­saut. Ce der­nier passe très bien sur le coté est de l’a­rête. La neige por­tait, nous sommes remon­tés jus­qu’au Triftjiplateau (3750m) en 2h00 depuis le bas de l’i­ti­né­raire. Depuis le pla­teau, il faut rejoindre, tout à droite, le départ de la face nord pro­pre­ment dite. Un gros cou­loir cen­tral évident saute au yeux. Sauf que, pour rejoindre la rimaye, il faut pas­ser sous les immenses séracs ! Histoire de 10 minutes, mais tota­le­ment expo­sé en cas de chute d’im­meuble sor­tant de l’âge de glace, sans l’hu­mour de Blue Sky Studios… Cela dit, le blue sky, pour nous, était pré­sent !

Triftigrat - Breithorn - Rimaye juin 2018La rimaye était déjà en neige molle vers 7h30 ce matin. Le seul pas­sage où elle por­tait moins… dom­mage !

A ce jour, la rimaye est encore agréable, mais elle ne le sera pas encore très longtemps.

Au des­sus de celle-ci, nous avons trou­vé 50 mètres de glace, plus ou moins appa­rente. Ce fût le seul pas­sage ain­si. En tra­ver­sant vers la droite, nous avons rejoint ce cou­loir évident. Remonter ce der­nier, en neige dure, fût une vraie par­tie de plai­sir. Cela jus­qu’au som­met…. Le vent froid du nord-est nous a refroi­dit dès 4100 mètres. Premier pas­sage au som­met du Breithorn pour Eliane, c’est classe de réa­li­ser ce som­met de répu­ta­tion facile d’ac­cès par une de ses plus belles voies pos­sibles : le Triftjigrat !

Breithorn Triftigrat sommetEliane, sor­tant de Triftjigrat, heu­reuse au som­met de son pre­mier Breithorn, Bravo !

Que du bon­heur.

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