Le couloir Nord-Ouest de la Tsa de l’Ano est tellement visible depuis la route qui monte à Arolla, que ces dernières années je n’arrivais plus à rouler sans regarder, à chaque passage, cette ligne magnifique.

Seulement voi­là, ce tobog­gan est pra­ti­que­ment tou­jours en condi­tion quand nous tra­vaillons à 100 % ou en fin de sai­son, quand nous avons déjà tro­qués les ski pour les chaus­sons.
Je l’avais relé­gué au fan­tasme … Personne n’avait pré­vus qu’une pan­dé­mie allait tous nous ralen­tir dans notre tra­vail. Encore moins dans les acti­vi­tés exté­rieures.

La Tsa de l’Ano avant notre pas­sage ce matin.
La Tsa de l’Ano après notre pas­sage. Photo prise au pique-nique.

Avec Philippe, à l’heure où nous chaussions les skis, 20 mètres sous le col, nous aurions du être dans la vallée d’Ak-Suu au Sud-Est du Kirghistan. Avec 13 clients qui étaient encore plus impatients que nous, à découvrir une partie de ce pays incroyable

Au lieu d’être au Sud-Est Kirghiz, nous étions au Nord-Ouest de l’Ano. Un chan­ge­ment radi­cal sur les orien­ta­tions.
Je suis obli­gé de recon­naitre que nous étions, mal­gré la situa­tion, tota­le­ment heu­reux en remon­tant le cou­loir. Cela fai­sait trop long­temps que nous n’avions pas par­ta­gé un pro­jet avec un peu de pente. Chose faite !

La Tsa de l’Ano demande une petite approche au départ de La Forclaz. La clas­sique mon­tée au col de Bréona, vous dépose presque devant la ligne. Au pied du cou­loir, ben, c’est pas fini.…

Philou trace dans la pre­mière par­tie du cou­loir.

La Tsa de l’Ano ne se laisse pas avoir si tranquillement. Nous avons bien brassés quelques mètres cube de neige, mais quel plaisir. La pente ce redresse gentiment sur la fin, pour flirter les 55°. Les conditions étaient exceptionnelles.

La veille nous étions dans un des cou­loir de Tsénaréfian, avec des clients. En skiant ce der­nier, j’étais cer­tain que la Tsa de l’Ano allait être bon. Je me suis trom­pé, il était excellent…

Dans le haut du cou­loir. La par­tie la plus raide. Philou me rejoint.

Nous avons retirés les skis au parking à La Forclaz. Un truc incroyable pour un tel projet. Les pentes sous Bréona étaient en neige de printemps.

20 mètres sous le col, nous chaus­sons les skis.
La rampe de sor­tie. La sec­tion la plus raide.

En fait, ce matin nous avons réa­li­sés un joli « coup de gamins » comme nous aimons le dire.
Et par les temps qui courent et sur­tout qui vont cou­rir, ça nous à fait un bien immense de s’offrir un tel cadeau.

Plus bas, le cou­loir est net­te­ment moins raide et le ski devient plus fluide. En tous cas pour nous.

La Tsa de l’Ano, c’est : 1600 mètres de déni­ve­lés depuis La Forclaz. Un cou­loir pro­gres­sif de 40 à 55 degrés, sur 700 mètres. C’est vrai­ment raide en haut…
Orientation Nord-Ouest, donc une course pas trop stres­sante pour l’horaire.
Une cota­tion de 5.2 / E3 / TD / S5.