Cho Oyu 8’201 mètres, nous sommes le 1er octobre 2006, il est 10h00 du matin. Nous posons nos crampons au sommet. 6ème sommet de notre globe. Certainement le point le plus haut de ma carrière d’altitude.

Cette journée reste gravée, par bribes dans mes cellules. Un moment exceptionnel qui a son histoire.

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard vie tibétaine
L’ambiance tibétaine dans la région de Nyalam, durant l’approche du Cho Oyu.

Je m’étais toujours promis de ne jamais guider à huit mille mètres. Ayant déjà quelques expériences entre six et sept milles mètres, c’est en connaissance de cause que ma réflexion est posée ! Pour situer cette décision, j’ai une trentaine d’année ainsi qu’une dizaine de passages au sommet de l’Aconcagua. Nous sommes dans le début des années 2000.

A cette époque, les sommets de plus de 8’000 mètres sont encore abordés avec une réelle éthique, un amour à l’effort, une recherche de l’aventure, même sur une voie normale. Les belles ascensions entre les années 70 et le début des années 2000 sont souvent empreintes d’un bon sens et de cette éthique mentionnée. La dérive existe déjà, l’embryon des expéditions commerciales fonctionnant à grand coup de cordes fixes, porteurs et oxygène, malheureusement, grandi rapidement.

Notre Cho Oyu commence en Argentine à l’Aconcagua en janvier 2001. Avec Jean-Guillaume et Alexis, ainsi que leur papa et un ami, nous sortons au sommet de l’Aconcagua. Belle performance partagée tous ensemble. Quelques temps plus tard, Jean-Guillaume me propose de monter une expédition sur un sommet de 8’000 mètres.

Je dois faire une entorse à ce que je m’étais promis, mais l’occasion est trop belle. Les deux frangins sont en forme, je les connais en haute altitude et ils ont le temps de réaliser ce projet proprement. Proprement, c’est à dire avec un vrai temps d’acclimatation et une éthique louable sur la montagne ; sans oxygène et sans porteurs d’altitude.

J’en parle, pratiquement par hasard à mon ami David Ravanel, guide de montagne à Chamonix. Il me confirme que nous sommes dans le même karma… Il a un client et d’autres collègues qui ont le même objectif ! Nous nous rencontrons, discutons des périodes et choisissons la date. Ce sera en automne 2006.

Durant une année, Jean-Guillaume et Alexis vont s’entraîner puissamment. Nous nous croisons quelques jours en montagne, pour affuter notre cordée. Durant l’été 2006, je récupère le fret pour réaliser l’envoi du matériel depuis l’aéroport de Genève. Pour ce fait, Yann Delevaux, un des autres guides sur le projet, m’aidera.

Le 19 août, nous débarquons en délégation puissante à Katmandou. Nous sommes 17 ! Pour le trekking d’acclimatation, nous avons tous une partie de notre famille avec nous. Pour ma part, ce sera mon frère Yvan et Silvana. L’acclimatation se déroule dans la plus classique des régions, le Khumbu. Je le connais déjà, avec mon passage à l’Ama Dablam en 1997. Pour une grande partie de la troupe, c’est une découverte. Nous irons jusqu’au camp de base de l’Everest.

10 jours plus tard, l’avionnette qui survole Katmandou, nous ramène tous dans cette ville bruyante et polluée. Une partie de l’équipe continue le voyage vers le sud du Népal alors que nous nous dirigeons en frontière népalo-tibétaine. Le passage à Zangmu, poste frontière, est mythique. Du monde zen népalais, nous basculons dans l’ivresse du contrôle chinois, en terrain envahit. Il est 14h00 du côté népalais et 17h00 du côté occupé tibétain. Trois fuseaux horaires sur les 50 mètres du pont ! Nous devons vivre à l’heure de Pékin !

Les représentants de CMA (Chinese Mountaineering Association) qui nous reçoivent imposent, l’heure des repas, l’hôtel où nous devons passer la nuit et ne viennent juste pas pisser avec nous ! Ils sont totalement exécrables. Ils resteront imbuvables les trois jours de déplacements pour rejoindre le camp de base. Nous passons les nuits à Zangmu, puis Nyalam et Tingri. Fort heureusement, les tibétains que nous croisons, ont des regards, des sourires et des gestes humains. A ce moment, toutes les conditions étaient réunies pour nous faire une idée péjorative des chinois et ce n’est que le début !

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard l'équipe
L’équipe du haut et de gauche à droite : Yann, Igor, Xavier, David, Jean-Guillaume, Alexis, Richard, Michel et Eric. Il manque Stéphane.

2 tonnes de matériel transbahuté des camions népalais aux jeeps chinoises. Un joli bordel asiatique orchestré par les sbires de CMA.

Le téléphone satellite, divisé en 4 ou 5 parties, réparties dans des sacs différents. C’est interdit dans ces contrées.

Au bout de la route, nous goûtons la spécialité asiatique de toutes les expéditions : Mettre devant le fait accompli que telle ou telle situation est nouvelle et, au passage, nous vous demandons 1’000 ou 2’000 dollars de plus ! Pour nous, ce seront les yacks qui porteront plus de 60 kg et non 80 kg, comme annoncé.

Venons-en à la montagne…

«  La déesse de la turquoise » voici le nom tibétain du Cho Oyu, le sixième sommet du globe. Il se trouve sur la frontière népalo tibétaine, ce qui n’est pas bon pour certains… ( réf ; massacre par l’armée chinoise au col Nangpa-La de jeunes enfants tibétains cherchant à rejoindre le Népal.

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard ambiance vers le camp
Le Nangpa-La, frontière népalo-tibétaine, tenue par les chinois, qui n’hésitent pas à tirer à balles réelles sur certaines caravanes.

Le camp de base se trouve à plus de 5’600 mètres et ce n’est vraiment pas anodin de vivre plus de 4 semaines à cette altitude !

Le 9 septembre 2006, chacun se met à l’oeuvre! Nous terrassons la moraine de cette déesse de la turquoise. C’est décidé, nous installons notre camp de base en contrebas du centre névralgique de ce dernier. Encore une excellente décision, nous l’apprécierons plus tard ! Nous avons chacun une tente personnelle au camp de base, ce qui nécessite une grande surface.

Après la construction des « fondations » de notre camp de  base, nous prenons 4 jours de repos. Bon rythme, non ? Un jour de travail, quatre de repos !

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard après la tempète
Durant les quatre jours de mauvais temps au camp de base.

La vie prend forme avec l’essence de tous les marchés du monde, le troc. Quelle joie d’obtenir des produits par troc et non avec des Yuans ou des Dollars. Nous apprivoisons les voisins et entamons le troc chocolat/jambons de parme, café, fondue/parmesan ou maté argentin. Nous venons de passer quatre jours de repos total, un rythme bien vite adopté !!! Comme il peut être difficile de partir d’un camp de base pour installer un camp d’altitude.  « Violence ! » serait le terme le plus juste, pour exprimer ce que je me suis infligé pour prendre le sentier qui mène au camp 1. Heureusement, le plaisir de la découverte et de l’effort reprennent vite le dessus !

Une longue moraine nous conduit au pied du géant, puis nous remontons le « killing slop » un pierrier à 45°, agréable à descendre, mais pour le moment, nous devons le remonter ! Nos sacs ne sont pas trop lourds, ils contiennent la tente et toute la nourriture pour le camp 1. Avec l’expérience, je répartis souvent les choses vitales pour les camps d’altitude, entre tous les sacs de mes clients. Cela les rend responsables et motive un peu plus la troupe pour atteindre le camp prévu, ce qui est très souvent bénéfique pour l’acclimatation.

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard Jean Guillaume Despatures
Jean Guillaume lors d’une journée d’acclimatation entre 6’300 et 7’200 mètres.

Nous sommes mi-septembre, il est 13h00, Jean Guillaume, Alexis et moi, creusons la plate forme du camp 1 pour accueillir notre tente. Tous en pleine forme, malgré l’effort et l’altitude. Nous déposons toutes nos charges dans un grand sac en plastique. Je choisis délibérément de ne pas monter la tente, je n’aime pas trop les gros coups de vent qui jouent avec nos habitats d’altitude. De retour au camp de base, nous nous infligeons à nouveau trois jours de repos, quelle vie ! Nos réserves de jambon, de chocolat commencent à diminuer, nous sommes presque réduits à rationner. Pour ma part, je planque les Ragusas qui me restent…instinct de survie !

Une fois passé le repos forcé, nous reprenons le chemin du camp 1. Nos sacs pèsent un peu plus, nous avons tout l’équipement en duvet et la totalité de nos besoins pour le camp 2 sur le dos. Ambiance escargot garantie. Nous retrouvons Yann, Michel, Richard et Stéphane au camp 1. Ils sont montés la veille.  Nous installons notre tente vers celle de Yann. La séance du réchaud et de son ronron habituel commence. Six heures à plein régime, nos réchauds participent activement à notre festin, riz et bœuf Stroganoff, pudding vanille aux framboises, le tout lyophilisé ! Tels seront les plats principaux de nos nuits d’altitude, agrémentés de chocolats et de thé menthe-réglisse.

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard le monstre
Le Cho Oyu au couché de soleil, l’or des 8000 rugissants, comme disait Erhard…

Nous passerons 3 jours entre le camp 1 à 6’400 mètres et l’installation du camp 2 à 7’200 mètres. Nous réalisons un aller-retour qui nous remplit de bonheur. La découverte de l’itinéraire, le plaisir de passer la limite des 7’000 mètres. Nous déposons la totalité de nos charges au camp 2. Ce dernier se trouve sur un grand plateau, au pied de la pente montant vers le camp 3 et vers le sommet.

Nous avons choisi, avec Alexis et Jean-Guillaume, de ne pas faire de camp 3, mais de marcher plus longtemps le jour du sommet. L’avenir nous donnera raison. De retour au camp 1, avant de nous lancer dans la descente du pierrier suspendu, nous récupérons nos duvets et consolidons les tentes. Excellente idée !!!

            Cinq jours plus tard, la neige colore le camp de base de ses 60 cm tombés en 4 jours. Nous sommes inquiets pour nos camps d’altitude. Quelques cordées reviennent du camp 1 et nous confirment avoir vu nos tentes, bonne nouvelle. Le routeur météo nous confirme un créneau pour les 30, 1er et 2 octobre. Nous choisissons le 1er comme jour de sommet. Nous sommes le 27, encore deux jours avant de partir vers un rêve. Nous occupons nos esprits par une multitude de petites actions, auxquelles nous donnons une importance sans égale, afin de ne pas trop penser aux jours à venir. L’ambiance est détendue et toute l’équipe est en forme. Yann et ses clients partiront un jour avant ; ils décident de réaliser un camp 3 à 7’600 mètres. Nous décidons d’essayer le sommet ensemble.

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard Camp de base et Cho oyu
Le camp de base au premier jour de beau après les 4 jours de tempête.

29 septembre, nos sacs pèsent lourd, surtout pour l’image qu’ils représentent. Tout ce que nous avons sur le dos devrait nous permettre de rejoindre les 8’201 mètres du Cho Oyu. En quelques heures, la tente du camp 1 est en vue. Installation et manège habituel des réchauds. Un peu d’eau chaude et le bœuf passe de sa forme « flocon » à sa forme « viande », on n’aime ou on n’aime pas ! Une nuit reposante, un petit-déjeuner au soleil, puis un nuage entame notre joie ! Le retour du mauvais temps ? Non, en deux heures, le lenticulaire se désintègre et nos sourires comme nos pas reprennent le chemin vers le camp 2. J’arrive au camp vers 14h00, je monte la tente et prépare les boissons pour le reste de l’équipe.

Vers 16h00, ils arrivent. Installation dans les tentes et contacte avec Yann qui se trouve à 7’600 mètres. Tous le monde va bien. Ici à 7’200 mètres, nous mangeons, buvons et surtout préparons le départ qui sera donné vers 0h30 demain matin. Je dors seul dans une tente, ce sera une des meilleures nuit du voyage. Quel luxe d’être seul à 7200 mètres.

Nous avons préparé nos affaires. Alexis, Jean-Guillaume et moi avons des Camelback que nous poserons sur notre poitrine. Nous serons les seuls à boire régulièrement entre 7’200 m et 8’200 m. Les poches de ma veste duvet sont remplies avec des barres énergétiques, des médicaments de premiers secours, ma caméra et un réchaud de secours avec une tasse.

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard au sommet manque quelques metres
La précision laisse à désirer, mais la température pas ! Sans gants au sommet !

Un masque à neige sur la manche droite, une corde en bandoulière, le piolet à la ceinture et un bâton de ski en main droite, je suis sur le point de quitter ma tente. Il est 1h15 du matin, toute l’équipe est devant et nous démarrons vers un fabuleux rêve. Vers 7’300 mètres, nous dépassons 8 coréens qui marchent plus lentement que nous. Rien d’anormal sauf qu’ils sont tous avec un masque à oxygène. Nous sommes sur la même montagne, mais nous ne faisons pas le même sommet !

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard au sommet avec Victor
Avec la photo de mon fils Victor, qui m’aura accompagné toute l’expédition. En toile de fond, la face ouest de l’Everest.

Avec David, nous nous trompons de trace et perdons 1 heure. Arrivé au camp 3, il est 4 heures du matin. Yann, Michel, Richard et Eric sortent de leurs tente à 2 places ! Quelle nuit diabolique ils ont dû passer ! Moi seul dans une 3 places, eux à 4 dans une 2 places, à chacun ses expériences… Le jour se lève, les cordes fixes de la bande jaune sont dans mes mains. Jean-Guillaume souffle fort et je filme la scène. C’est fou d’être là, vers 7’600 mètres, de penser à filmer, vivre le moment présent et en plus de me sentir bien. Je remonte les cordes fixes, je dépasse deux ou trois autres personnes. Au sommet des cordes, j’attends Alexis et Jean-Guillaume. Je pense à m’interviewer !. Les images montrent bien l’état dans lequel nous étions. Ils arrivent vers moi, je repars vers le sommet de la pente. Je me souviens m’être dit ;

  • «  tu vois le mec là-haut? Ben ! Tu dois aller jusqu’à cet endroit avant de t’arrêter ».

Chaque pas nous rapproche de l’altitude ultime, passer les 8’000 mètres, sans aide d’oxygène et en maîtrisant ce qui se passe. Quel bonheur ultime ! Les pieds sont chauds, les mains fonctionnent, je pense à mettre de la crème solaire, je regarde les autres, je pense à boire et je filme. C’est incroyable comme je me sens bien, pas loin de l’euphorie. Danger !

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard avec ou sans Oxygène
L’altitude est aussi une question d’éthique, valoriser une attitude indéniable !

7’900 mètres. Silence, on tourne ! Les trois compères, David, Jean-Gui et Alexis sont dans mon viseur. Ils marchent d’un pas lent, très lent, mais ils avancent vers moi. Dans mon dos, le soleil frappe. Incroyable, même aussi haut, il réchauffe.

8’100 mètres, la caméra fonctionne toujours, les images s’inscrivent sur la cassette et dans nos mémoires. Nous croisons d’autres expéditions, le sommet paraît possible, nous commençons à croire en notre réussite. Le vent est nul, le ciel d’un bleu intense et nos cœurs chantent 140 pulsations minute. Toute ma vie, je me souviendrai de ce moment ; la trace tourne, le point culminant du 6ème sommet du globe est là, à 200 mètres, les émotions envahissent mon être, Victor mon fils apparaît à chaque pas dans mes pensées. Je décuple mon effort, principalement pour enfouir ces émotions que je ne m’autoriserai qu’au sommet, dans 180 mètres. 

David est juste là. à 20 mètres derrière moi, Alexis à 50 mètres, il me court après pour me dire qu’il veut arrêter ! (il me le dira après au camp de base, cela l’aura amené au sommet !) et Jean Guillaume suit. Instant magique, indescriptible, la face nord de l’Everest en face de nous, le Lhotse et le Nuptse aussi. Non pas nous surplombant, mais bien face à nous ! 8’201 mètres ! Aucun son exprimé, mais des larmes, des pensées, des gestes et des images. Nous ne réalisons pas encore l’importance que ce moment aura sur le reste de nos vies. Nous ne réalisons rien, d’ailleurs, nous vivons juste l’instant présent. Richard arrive, Michel suit, nous sommes 6 au sommet. Yann suivra.

Cho Oyu 8’201 mètres, temps mort, la vie s’arrête. Je prie pour que ce moment soit immortel, que nos neurones ne s’enfuient pas, mais enregistrent tous les sons, les couleurs, les émotions et l’inexplicable d’un instant pareil. Une heure complète au sommet, unique !!!

Cho Oyu Helyum.ch Xavier Carrard descente Free Tibet
Nous descendons sur l’itinéraire “Free Tibet” qui se trouve à gauche de la voie normale ( Orographique ).

            La descente s’effectue en silence, chacun de nous rumine, rêve ou réalise en silence la puissance du vécu. Nous éviterons les cordes fixes à la descente, par une grande courbe sur la droite. Au bas de cette partie, je laisserai Jean-Guillaume et Alexis, pour rejoindre plus rapidement le camp 2. Cela dans le but de leur préparer à boire et à manger.

Au camp 2, je croise un ami guide qui me laisse envoyer un sms en Suisse ;

  • «  Suis de retour du sommet, 7 pers à 8’201 m. dont mes deux clients. Te tél demain du camp de base, t’m »

Moins de deux minutes plus tard, le téléphone satellite sonne, c’est pour moi. Un cours instant de partage séparé par 12’000 km.

Toute l’équipe est au camp 2. Une mauvaise nuit pour nous tous, je pense que l’excitation en est pour beaucoup. Le 2 oct., nous démontons le camp 2, puis le camp 1 pour rejoindre notre camp de base. Encore 4 jours au camp de base pour ranger, réaliser les fûts, ceux qui resteront à Katmandou pour une future expédition et ceux qui rentrent en Europe. Puis le retour au Népal, non sans peine avec certains de nos yaks. Bête à cornes, bête à manger du foin !!!

Nous passons la frontière sino-népalaise, quelle joie de retrouver le Népal et sa simplicité !

2 jours à Katmandou, puis 24 heures de vol. Genève en bout de ligne, la famille, les récits, le montage du film et l’envie de repartir !!!

Quelle vie.

18 minutes pour un monter au sommet du Cho Oyu.