Un jour, je reçois un appel. Une voix un peu timide, mais déjà bien déterminée, me parle de soucis suite à un accident de cheval. Elle me dit qu’un de ses problèmes, c’est la vision double et me demande si cela serait un problème pour l’escalade… Du tac-au-tac, je lui réponds que non, car elle verra deux fois plus de prises ! Ceci pour dire que chacun a sa propre vision des choses !

Petite anecdote sur l’une de nos sorties, au Mont Aiguille

Notre stra­té­gie pour cette sor­tie, c’est de faire un bivouac au pied de la voie pour divi­ser la lon­gueur de la course. Après un stop au maga­sin pour ache­ter les grillades pour le soir nous nous ren­dons, char­gé de nos sac à dos, avec le maté­riel tech­nique et les affaires de bivouac au départ de la voie. Nous pré­pa­rons notre hôtel 10’000 étoiles et c’est là que je me rends compte que mon bri­quet ne fonc­tionne pas, vive les grillades froides. Le len­de­main, après une super nuit (en tout cas pour moi) rien à dire : la course s’est dérou­lée à mer­veille, avec de bonnes rigo­lades et deux ou trois « Nom de Dieu » pour Mélanie !

Personnellement, c’est ce que j’ai retenu de cette sortie : si vous voulez lire les ressentis de Mélanie c’est plus bas que ça se passe… (Vous comprendrez en lisant son livre… 😉)

Escalade avec Jérôme Gottofrey guide de montagne chez Helyum
La belle face sud-est du Mont Aiguille qui sous cette angle n’a rien d’une aiguille…

Maintenant je laisse le clavier à Mélanie…

Il est des ren­contres qui changent une vie et Jérôme est l’une d’entre elles :

Après un acci­dent d’équitation me plon­geant dans le coma pen­dant 27 jours, je me réveillais avec la moi­tié gauche de mon corps para­ly­sée, la moi­tié droite secouée de trem­ble­ments intem­pes­tifs, la vue double, etc. Rien ne lais­sait pré­sa­ger que je refasse par­tie du monde un jour. Pourtant, c’était sans comp­ter un carac­tère plu­tôt bien trem­pé et un but dans la mon­tagne : aller voir les dra­peaux tibé­tains à la cabane de la Dent-Blanche de mes propres yeux. Quatre ans après l’accident, au prix de grosses souf­frances, j’atteignais ce but que nombre de mes méde­cins jugeaient impos­sible à réa­li­ser pour ce qu’il res­tait de mon être.

De cette aven­ture est né un pre­mier ouvrage («… Et dans le Brouillard », édi­tions Slatkine 2013).

J’aurais pu être dégoû­tée. Au contraire, une irré­sis­tible lueur d’espoir était née dans mon coeur et je sen­tais qu’à pré­sent, une par­tie de moi appar­te­nait à la mon­tagne.

C’est ain­si que j’ai ren­con­tré mon guide de mon­tagne deve­nu ami, Jérôme Gottofrey, et que nous nous sommes embar­qués dans plus de sor­ties que je n’aurais osé l’espérer, mal­gré les han­di­caps, mal­gré les incer­ti­tudes, mal­gré mon fla­grant manque de confiance en moi. Grâce à lui, j’ai pu m’en­vo­ler.

Venez par­ta­ger quelques unes de nos sor­ties, à mon cher guide et à moi-même, quelques ques­tion­ne­ments sur la vie et les appren­tis­sages que je tire de cette bataille per­pé­tuelle que je vis en tant que grave trau­ma­ti­sée crâ­nienne. Suivez-nous et peut-être, cela vous fera-t-il « Détourner les hiron­delles », édi­tions Romann, sor­tie le 04 août 2020.

Voici le lien pour découvrir le livre : www.editions-romann.ch