L’Eperon nord de la Pointe d’Amont est une magnifique course en rocher de niveau D. L’itinéraire se déroule sur un beau rocher et mérite une visite. C’est un excellent moyen d’arriver au refuge du Soreiller…

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Raph dans la pre­mière lon­gueur du second res­saut ( 4c )

Un « trou » de ciel bleu au centre de la carte météo­ro­lo­gique et des vents favo­rables m’ont moti­vés à pro­po­ser à Raph cette course, que j’apprécie beau­coup. Il vou­lait décou­vrir un nou­veau lieu. Et les Écrins, qu’il ne connais­sait, pas le moti­vaient. Ces quelques fac­teurs jus­ti­fiaient de rou­ler quelques heures vers ce mas­sif du Sud. Rejoindre le refuge de la Selle depuis les hauts de St‐Christophe demande 2h30 de marche. Souvent cloué par le soleil, les heures sont longues dans ce val… long ! Mais cette fois‐ci, la pluie nous rafraî­chi­ra, le vent nous pous­se­ra et les heures dérou­le­ront au rythme d’un pas for­cé ! Comme à son habi­tude, Marielle a reçu ses hôtes avec un repas divin et le sou­cis que nous soyons tous au sec pour le départ du len­de­main…

4h00, il pleut… 5h00, il conti­nue à brui­ner… Il y a quatre ans avec Yann, nous avions vécu la même situa­tion : départ tar­dif, mais « c’est pas­sé…» 6h00, nous mar­chons vite vers le bas du val­lon, le ciel gris clair nous laisse un espoir. 1h10 d’approche. Le gla­cier en excel­lentes condi­tions, nous pose rapi­de­ment au pied de la voie. Ces fameux rochers rouges qui indiquent le départ !

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Raph à la sor­tie de « la boite aux lettres » fin du pre­mier res­saut.

7h30 le ciel devient bleu, les pré­vi­sions étaient juste, mais fal­lait y croire… Nous enta­mons les pre­mières lon­gueurs, des courts pas­sages de 4a, un rocher sec mal­gré son lavage récent ! Le pre­mier res­saut passe tran­quille­ment. Raph savoure la prise d’altitude, il se détend au fûr et à mesure que nous mon­tons. Le pas­sage de la boite aux lettres le met en confiance pour la suite. Sortie de la zone du « cour­rier », la vire à gauche est sui­vie. Puis nous abor­dons le second res­saut. Ce der­nier impres­sionne mon Raph, sa rai­deur ! Que néni, nous uti­li­sons les rares zones de fai­blesses. Les trois grandes lon­gueurs de ce res­saut passent en dou­ceur. Même le 5b en tra­ver­sée est abor­dé avec le sou­rire, le tout en grosse chaus­sures, bra­vo Raph.

Petit rap­pel en ver­sant nord et nous voi­ci au pied du der­nier res­saut. L’élévation de notre cor­dée est constante, si bien que nous sor­tons vers 11h30 au som­met de la voie. Petit par­cours d’arête, des­cente sur le refuge du Soreiller. A 12h50 nous man­geons une tarte au refuge. Martine nous reçois, elle aus­si, avec un immense sou­rire. Puis des­cente sur les Etages, auto‐stop et des retrai­tés nous poussent vers ma voi­ture. 15h00, nous rou­lons vers le ber­cail ! Que dire d’autre.… Une réus­site totale… Que du bon­heur.

Merci Raph pour cette superbe course.

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« Casaque » rouge vif de Icebreaker, Raph tout sou­rire sort le 5b, le«gros » mor­ceau de la course est der­rière…

Eperon nord de la Pointe d’Amont : Ouvert en 1932. Course en excellent rocher. 500 mètres en D.

Matériel spé­ci­fique : Corde 50 m. (des­cente sur le Soreiller) 4 friends moyens, sangles, 4 à 6 paires. Crampons et petit pio­let (approche).

L’éperon s’attaque en ver­sant est. Un vire à gauche des rochers rouges per­met de prendre pied sur le flan de l’éperon. Rejoindre la crête de ce der­nier. Suivre la crête en res­tant au plus proche du fil, en uti­li­sant les zones de fai­blesses. Le pre­mier res­saut ne dépasse jamais le 3c. La majo­ri­té de l’itinéraire se déroule sur le ver­sant est de l’éperon. Pensez tou­jours à cela. Après la « boite aux lettres » qui marque la fin du pre­mier res­saut, une vire par­court le ver­sant est de droite à gauche sur envi­ron 50 mètres. Suivre cette der­nière jusqu’au pied d’une courte dalle de cou­leur plus claire. Remonter ses 15 mètres pour rejoindre la vire supé­rieur. De cette der­nière, vous atta­quez le second res­saut. Une fis­sure large avec un petit toit, marque la pre­mière lon­gueur (30m., 4c). Relais sur deux pitons. De la ter­rasse, atta­quez la seconde lon­gueur dans la fis­sure sur 20 mètres (trois pitons) puis une évi­dente tra­ver­sée à gauche pour rejoindre une seconde fis­sure, plus facile. Relais à 40 mètres (5b, deux pitons). Faire une der­nière lon­gueur dans des dalles qui se redressent et ter­minent sur une superbe écaille. Après cette der­nière pas­sée, rejoindre le relais sur la vire à droite, deux pitons. Sortir sur l’arête qui domine ce relais, des­cendre 50 mètres sur la vire en face nord. Remonter les gra­dins facile (3a) pour pas­ser le der­nier res­saut. Repérer une vire ascen­dante évi­dente, après une sec­tion hori­zon­tale. Remonter cette vire jusqu’au col. Fin de l’éperon. Suivre l’arête de droite pour sor­tir à l’aiguille du Soreiller. Descente par la voie nor­male (déses­ca­lade et un rap­pel 30 m.) Le refuge du Soreiller, ses tartes et autres liquides, ne sont pas loin…

Belle course à tous.

Xavier