Les gorges du Verdon, je n’ai pas vraiment besoin de les présenter. Nous sommes tous des enfants d’ « Opéra Vertical » ou de « La vie au bout des doigts »… Calcaire parfait, verticalité folle et douceur de vivre. Un sandwich et un verre d’eau suffisent, comme disait le maître…

Le ver­sant sud des gorges, le Verdon coule au fond.

Pendant que Jérome et ses deux aco­lytes, par­cou­raient les vieilles clas­siques comme la Ula, Gueule d’Amour ou encore la Demande, avec Vana, nous nous essayons dans les nou­velles lignes, dont cer­taines ne sont pas encore dans le der­nier topo.

Un bijou : L’Hermitte Cénobite, voie ouverte en octobre 2019, merci à ses géniteurs. Ce renouveau d’itinéraire se trouve souvent loin de l’Escalès, secteur qui donna la renommée du Verdon, pour sa raideur et ses bombés.

Vana dans le haut du 6b en 4ème lon­gueur de l’Hermitte Cénobite.

L’Hermitte Cénobite déve­loppe 11 lon­gueurs qui tra­versent sou­vent…. Certaines d’entre-elles sont magni­fiques. Un che­mi­ne­ment qui joue des fai­blesses de la paroi. L’accès par les rap­pels de Spit Pocker au départ du bel­vé­dère de Mayreste ce réa­lise en.… 5 minutes depuis le par­king. Les rap­pels sont sur chaînes et cer­tain font 50 vrais mètres.… ( cordes de 60 mètres for­te­ment conseillées. Dans ce sec­teur, nous avons aus­si par­cou­ru « Spitage pour tous », 3 ème lon­gueur com­plè­te­ment démen­tielle….

L’Hermitte Cénobite pro­pose des lon­gueurs du 5c au 7b, mais jamais celles-ci seront plus obli­ga­toires que le 6a+. Un équi­pe­ment astu­cieux per­met de remon­ter cette ligne avec un plai­sir immense. Elle est appe­lée à deve­nir clas­sique. Cependant atten­tion, retour qua­si impos­sible en cas de but ! L’un des ouvreurs est P. Faudou, très actif dans les der­nières ouver­tures ver­do­nesques.

Vana dans la tra­ver­sée de L7 dans l’Hermitte Cénobite. 6b+.

Une autre journée passée dans une ligne plus ancienne du belvédère de Mayreste, « Voyage au gré du gris ». A nouveau 11 longueurs qui alternent du 5b au 6c. Un maximum de 6a+, le tout à vu le jour avec le même paternel : P.Faudou.

Cette ligne est magique dès sa 4ème lon­gueur. Les trois pre­mières sont un peu tirées par les che­veux. Les deux 6c ( L5 et L10 ) sont de vrais chefs d’oeuvres. Avec un réel plus pour l’homogénéité de la dif­fi­cul­té de L10. Nous ter­mi­nons la voie sous le gron­de­ment de l’orage. En trois rap­pels la vire inter­mé­diaire est acces­sible. De ce point, le retour à pied est pos­sible. Il faut trou­ver la corde fixe qui donne accès au cou­loir. ( La corde se trouve qua­si à l’aplomb du der­nier rap­pel ! ) Le cou­loir lui-même est rela­ti­ve­ment raide. En condi­tions humides, c’est pas une simple balade….

Les mons­trueuses goutes d’eau de L4 dans » Voyage au gré du gris »
Au gré du Gris, un 6b majes­tueux.

Un jour de plus pour nous rendre vers l’Escalès afin de réa­li­ser quelques belles envo­lées dans une voie très acces­sible : « Prélude pour Hervé » De belles lon­gueurs en 6a+ maxi­mum. C’est une des lignes les plus abor­dables de cette région.

Une dernière visite au belvédère de Mayreste avant de prendre la route : « Spitage pour tous ». Juste pour sa 3ème longueur, il faut se rendre dans cette ligne ! Un 6b+/c qui est digne des gros ventres striés du Verdon. Hallucinant ! Une plaisir constant du premier au dernier mouvement.

10ème lon­gueur, un 6c tei­gneux dans la ligne Au gré du gris

Une fois de plus, nous avons cher­cher dans les der­nières voies ouvertes des gorges, his­toire d’éviter un peu la patine des très belles clas­siques. Nous avons ado­rés ces décou­vertes. Merci aux ouvreurs pour leurs net­toyages, le tra­cé des voies, l’équipement des rap­pels intel­li­gem­ment pen­sés et la pose des cairns pour atteindre le départ des voies.

Les gouttes d’eau de « Spitage pour tous ». Une 3ème lon­gueurs excep­tion­nelle en 6c

Le Verdon dans ces condi­tions, c’est le bon­heur pure.

Un autre habi­tant des gorges.