Le Wildhorn est nettement plus réputé pour de beaux itinéraires en ski de randonnée. Qu’il cache une belle course, sauvage sur son versant nord, il fallait le savoir…

Une fois n’est pas cou­tume, grâce à deux clients de Jérome et leur assi­dui­té sur un réseau social bien connu, cette course a sus­ci­té ma curio­si­té. Quel bon­heur de par­ta­ger cette très belle décou­verte avec Laurence.

Le pilier Germann du Wildhorn.

Le pilier Nord-Est du Wildhorn est un très bel objectif qui vaut la peine. Il y a deux solutions pour réaliser son ascension : En un seul jour (cela devient un belle bavante) ou en dormant à Wildhornhütte, ce qui rend le projet nettement moins long.

A savoir, avant de vous enga­ger dans ce pro­jet, qu’il existe des horaires rou­tiers pour rejoindre Iffigenalp, point de départ. À la mon­tée : toutes les heures de 30 à 45. À la des­cente : toutes les heures pleines à 15. Il faut comp­ter 10 minutes en voi­ture pour par­cou­rir le tra­jet.

Dans tous les cas, vous devrez pas­ser par Wildhornhütte. L’arrêt vaut la peine, ne serait-ce pour leurs tartes mai­son… ( noisette-chocolat, mit râmmmmm !) c’est de la bombe !

Un petit topo pour com­plé­ter celui de C2C.

L’esprit du coin vous obser­ve­ra tout le long du pilier.… Gare si vous tirez sur un point !

De Wildhornhütte, remontez le chemin de la voie normale ( marquages rouge et blanc ) et ce jusqu’à 2490 mètres. La moraine devient moins raide sur une centaine de mètres. Un gros cairn marque le départ d’une sente sur la droite, la suivre. Elle vous permet de longer le versant Nord-Ouest du Chilchli et du Pfaffehore. Vous passerez au dessus du Dürrsee et verrez très bien le pilier Germann.
Rejoindre la base du pilier à 2640 mètres.

L’itinéraire com­mence dans la fis­sure de gauche. Elle est pas­sa­ble­ment cou­chée et se remonte très faci­le­ment. Une corde de 50 mètres vaut la peine. 8 dégaines, éven­tuel­le­ment 2 petits friends, casque et maté­riel gla­ciaire pour la des­cente.

Le pas­sage clé. Un rocher magni­fique.

L1 : 2 / Démarrez dans la fis­sure de gauche par­tant à la base du pilier. ( deux spits ). Puis bifur­quez à droite pour rejoindre une niche évi­dente. Attention, le rocher n’est pas excellent dans cette par­tie. Relais sur deux points. / 50 m.

L2 : 3 / Remontez sur 1520 mètres la large fis­sure de droite, puis bifur­quez sur la gauche en dia­go­nale. ( deux spits ). Remontez dans l’axe jusqu’à la bonne plate forme évi­dente. / 50 m.

L3 : 4c / Premier pas­sage clé du pilier. Très bien équi­pé. Repérez le pre­mier point sur la gauche, en bor­dure du pilier. Le rocher devient net­te­ment meilleur. C’est une très belle lon­gueur qui demande quelques dépla­ce­ments entre le fil du pilier et le dièdre sur la droite. ( 4 spits et un piton ). / 45 m.

L4 : 4b / Un départ qui grimpe un peu. Une solu­tion plu­tôt sur la droite. Le rocher est moins solide sur une sec­tion de la lon­gueur. ( 3 spits ). / 40 m.

L5 à L7 3c / Le pilier est plus cou­ché, il devient presque une arête. Plusieurs points sont en place, il est pos­sible, pour une cor­dée habi­tuée, d’évoluer ensemble. Il faut rejoindre une évi­dente plate forme, au pied du der­nier res­saut. Un livre de pas­sage est à votre dis­po­si­tion, si vous vous sen­tez l’âme de grif­fon­ner vos impres­sions.

L8 : 4a / Une courte lon­gueur avec un pas­sage au départ de celle-ci. Elle per­met de rejoindre le pied de la lon­gueur clé du pilier. Le rocher est évo­lu­tif sur la par­tie plate de cette lon­gueur…

L9 : 5a / Le pas­sage clé du pilier. Le rocher est magni­fique. Une corde à demeure sur le pre­mier point per­met de vous pro­té­ger rapi­de­ment et de vous aidez au réta­blis­se­ment qui suit…
Un très beau pas­sage qui donne envie d’aller grim­per dans d’autres falaises.

À la sortie de cette longueur, il reste une section d’environs 80 mètres pour atteindre le sommet du pilier. Vous trouvez 2 ou 3 points en place. Le sommet du pilier est à votre portée.

Vue plon­geante sur l’a­rête à la sor­tie du pilier.

La suite se déroule le long de l’arête Nord-Ouest qui remonte en direc­tion du Wildhorn. Une sente est visible depuis le som­met du pilier. Avant de rejoindre celle-ci, il reste néan­moins quelques pas­sages aériens sur l’arête qui sont réel­le­ment de l’alpinisme. Du som­met du Wildhorn, le retour vers Iffigenalp ce dérou­le­ra par la voie nor­male.

Ce pilier est une excellente alternative pour réaliser une course en D- avec un équipement en place qui vous aidera à vous mettre dans le bain. Et c’est sauvage !

Iffigsee, un coin para­di­siaque.